2026-05-10

 




            Un aperçu de la gamme des couleurs disponibles avec le nouvel assemblage de roues.                         Au dernier plan les nouveautés 1956.  


Replaçons nous d’abord dans le courant de l’année 1955… Assez vite, le montage des roues des miniatures évolue à nouveau et donc,  par rebond, l’aspect des modèles. Les roues (type 3), toujours chaussées de leurs pneus (boudin) blancs, vont être désormais percées et assemblées sur des axes matés à leurs extrémités (Minialuxe parle de « roues rivées »). Faut-il pour autant les qualifier de type 4 (choix fait par exemple par l’argus de la miniature (1)), sachant que, par ailleurs, le montage par simple emboîtage continue un temps d’équiper les axes arrière des modèles motorisés ? Munis de stries sur leurs extrémités, ces axes permettent de solidariser les roues arrière et ainsi d’entrainer la voiture sous l’action du moteur à inertie. On a donc affaire à des montages mixtes de roues identiques assemblées sur des axes matés à l’avant et non matés à l’arrière. Ce type de roues (type 3) va perdurer un certain temps sur l'ensemble de la gamme jusqu’à l’apparition de nouvelles (non rivées !) de plus petit diamètre, qui équiperont à leurs tours les miniatures à partir de la fin de l’année 56.

 

Ford Vedette de transition (fin 55) toutes options (moteur + galerie), avec des roues mixtes (percées ou non) matées à l'avant et emboîtées à l'arrière. 


Sur cette 203 (55/56), toutes options (moteur + galerie), les roues sont toutes percées, matées à l'avant mais juste emboîtées sur l'axe à l'arrière.



Cette fois-ci, sur cette Frégate (Taxi), les roues sont «  rivées» dans leur intégralité !

C’est dans ce contexte que sort la série « MON TAXI ». Sur le tarif des établissements  Grand-Clément on peut lire la description suivante : « Voitures « Minialuxe » livrées avec taximètre, drapeau amovible et enseigne frontale « TAXI ». Livrées en boîtes individuelles (6 modèles différents à la demande) - Ces modèles sont aussi disponibles avec moteur ». Faisant suite à sa série dotée de remorques, Minialuxe optimise de nouveau ses miniatures et le résultat est au rendez-vous. Avec l’ajout de deux pièces rapportées et d’un panonceau sur lequel est inscrit « libre », il redynamise ses modèles (À noter que les taximètres sont placés à droite sur ces voitures alors que, par la suite, sur les représentations futures de la flotte de la compagnie G7 ils seront fixés à gauche). Cerise sur le gâteau, les miniatures bénéficient, enfin, d’une boîte individuelle. De dimensions généreuses (L/106mm x l/49mm x h/45mm), elle est décorée sur trois faces par la représentation des six modèles alignés deux par deux : Peugeot 203 et Ford Vedette, Renault Frégate et Hotchkiss Grégoire et enfin Traction Citroën et Simca Aronde (déjà dotée de la calandre à moustaches !), sur la dernière face on peut lire : Les grandes marques Françaises avec l’autorisation de leurs constructeurs. Il existe deux tonalités de vert distinctes pour les rabats sur lesquels est inscrit : « VOITURE équipée en TAXI ». Le nom des modèles apparaît au tampon mais la marque des jouets n’est pas mentionnée. Ces modèles, dans leur ensemble, sont plutôt rares… leur période de production a dû être assez courte car, à une exception près (un modèle répertorié en Versailles), ils n’équiperont pas les nouveautés 56. De plus, la fragilité des pièces rapportées (simple collage), voire emboîtage pour le « drapeau » libre, fait que bien peu d’entre eux nous sont parvenus intacts. Le surplus des boîtes « taxi » sera réutilisé jusque tardivement pour des modèles de séries courantes (une boîte est connue avec le tampon Floride !), le marquage taxi, sur les rabats, étant alors recouvert de papier et surchargé d’une simple impression mentionnant le nom du nouveau modèle.

 

Un des premier modèle ( Vedette motorisée) assemblé avec le stock de roues type 2.


La période de production des Taxis est concomitante avec le changement de calandres sur les Aronde. 

Le taxi 203, à l'instar de la Traction, n'aura droit qu'à deux couleurs (gris ou noir).

À noter que les autres modèles sont toujours, eux, distribués en boîte de six mais qu’il est aussi possible de les trouver dans des boîtages intitulés « Le salon permanent de l’automobile ». Le descriptif qu’en fait Minialuxe est alléchant : « Très beau coffret compartimenté, fond grenat ou bleu nuit, contenant les six voitures, mais avec encadrement individuel permettant présentation très agréable pour chambre d’enfant, vitrine, etc… ».   

 

En parallèle il faut aussi signaler l’apparition d’une nouvelle série « Minialuxe modèle réduit » annoncée au 1/32ème. Les premiers exemplaires, des camionnettes Citroën 1.200 KG (plutôt réduites au 1/38ème ?) sont disponibles en quatre versions : civile en « coloris gris fer », sapeurs-pompiers en « coloris rouge vif avec impression sur deux faces », ambulance en « coloris ivoire avec emblème Croix-Rouge sur deux faces » et police-secours en « coloris bleu marine et impression double face (modèle Police Parisienne) ». Les quatre existent aussi en versions motorisées. Elles sont livrées dans un joli boîtage individuel unique de couleur rouge. Elles comportent des parties ouvrantes (une grande première chez Minialuxe) et des roues grises spécifiques, à cinq tocs, chaussées de pneus noirs. Sur les calandres, les chevrons sont rehaussés d’une touche de chrome et les petits phares qui les habillent ressemblent beaucoup à ceux qui vont désormais équiper les Traction… un début d’explication sur ce changement jugé plutôt étrange et qui serait dû en fait à une simple question de rationalisation ?! Les premiers modèles ont malheureusement, dans leur majorité, mal vieilli (déformation du plastique) mais ont engendré une ribambelle de versions (dont des promotionnelles) pour le grand bonheur des collectionneurs. Ils mériteraient à eux seuls un article dédié… Vient ensuite, un autocar « grand tourisme » (au 1/43ème !) proposé en deux versions, une dépouillée « sans siège, ni fixe au toit, ni porte » et une luxe dotée d’un superbe boîtage. Minialuxe nous parle d’une « reproduction fidèle Autocars Paris-Nice » mais omet de citer la marque Floirat (2)… un problème d’autorisation ? Ce charmant autocar perdurera longtemps dans la série « véhicules utilitaires » et il sera encore au catalogue fin 70 sous la référence « Miniacar-Luxe 14.10 ». . Enfin, toujours en 55, c’est aussi l’arrivée de nombreux accessoires routiers dont des stations essence, des stations services abritées, des ponts élévateurs ou des signaux routiers…

 

Les quatre versions disponibles de la camionnette 1200 kg.

 

L' autocar «grand tourisme » 


Mais, depuis 1952, les établissements GRAND-CLEMENT ne proposent qu’une gamme relativement restreinte de modèles réduits de voitures automobiles. Seulement six modèles au 1/43ème, rajeunis en cours de route pour certains, et possiblement équipés, nous l’avons vu, de nombreuses options au fil des ans. L’année 1956 va, elle, marquer dans ce domaine une évolution par rapport aux années antérieures en offrant cette fois-ci un certain nombre de réelles nouveautés. Les deux premières vont inaugurer une singularité qui perdurera un certain temps chez Minialuxe et qui se traduit par la présentation de modèles à « deux vitesses » : d’une part, une série baptisée « courante », destinée à une vente de grande distribution à 100 Frs et, d’autre part, une nouvelle série, dite « Collection », mais traitée cette fois-ci  avec un plus grand nombre de détails. En début d’année nous verrons donc l’apparition des Peugeot 403 et Simca Versailles représentées à l’échelle du 1/43ème (avec deux traitements distincts), mais aussi d’un Autobus SOMUA de la R.A.T.P. toujours au 1/43ème et d’une autre Versailles mais cette fois-ci réalisée au 1/32ème.



Les nouvelles Versailles à différentes échelles (1/32ème et 1/43ème), au premier plan les séries «collections» (avec et sans moteur).

- La série courante reprend les six premiers modèles dans leur traitement habituel de 55 et l’on constate que la Simca Aronde est désormais dotée de la nouvelle calandre « à moustaches » du millésime 54. Un autre point est à mettre en avant, il concerne le traitement des châssis qui sont désormais équipés de deux longerons placés dans le sens de la longueur. Les coloris, plus réalistes, tournent surtout autour des bleus, des gris et bien entendu du noir, mais on trouve aussi des verts, des bordeaux ou des beiges... Deux modèles viennent donc compléter cette série en début d’année : la Peugeot 403 et la Simca Versailles. Jusqu’alors, mise à part les phares, les carrosseries des autos miniatures étaient moulées d’une pièce. Les deux modèles vont donc se démarquer des anciens par l’ajout de pièces rapportées (calandres et  pare-chocs) et, dans le cas de la Versailles, la réalisation d’un moule conçu en deux parties. La « Peugeot 403 – Berline 8cv » est assez réussie, les lignes sont  bien rendues malgré les grosses roues (type 3) qui la surélèvent un peu. Les coloris des débuts sont réalistes et on a donc le choix uniquement entre le noir ou le gris. Le châssis est en plastique, il comporte pour la première fois le nom de Minialuxe et la mention « au 1/43 », pas de longerons et certains modèles reçoivent celui métallique des versions « collections ». La « Simca Versailles – Berline 13 cv » parait un peu plate et la déformation du toit, fréquente sur ce modèle, est souvent un handicap pour le collectionneur. Le châssis est en plastique, son traitement est identique à celui de la 403. Les finitions sont inexistantes, pas de chrome sur les poignées de portes ou de peinture sur les feux arrière. Le toit est assemblé par simple collage. Les premiers coloris sont le bleu toit beige, le crème/ivoire toit bleu ou, plus rarement, le noir toit vert ou bleu. Enfin, une grande nouveauté va aussi accompagner cette série… sous la forme d’une boîte individuelle commune aux huit voitures. De dimension identique à celle des taxis, elle représente à son tour les modèles deux par deux sur trois de ses faces : Les Peugeot : 203 et 403, Les Simca : Versailles et Aronde, et enfin la Citroën Traction et la Renault Frégate (l’Hotchkiss Grégoire et la Ford Vedette étant omises) et sur la quatrième face le même texte que pour les taxis : Les grandes marques Françaises avec l’autorisation de leurs constructeurs. Sur les rabats sont imprimés le nom du modèle et la marque des jouets ! On distingue aussi le petit logo avec les lettres V et M entremêlées pour Henri  Verpiot et Claude Mameaux qui sont alors les agents exclusifs des établissements Grand-Clément. Ce partenariat «vente exclusive aux grossistes & exportateurs» perdurera jusqu’à la fin des années cinquante.

 

Les toutes nouvelles boîtes des 403 (deux tons de bleu différents) avec, à gauche, le premier marquage "Peugeot 403".

La série courante au grand complet, ainsi que le nouveau garage, à l'été 56.


- La série « collections » se définie comme de « véritables pièces de collection », en opposition aux modèles plus simples conçus pour la vente à 100frs, avec des voitures « vendues automatiquement dans leur boîte garage ». Et Minialuxe enchaîne : « Nous avons adopté pour ce type, l’échelle 1/42ème ( ?), et suivi scrupuleusement les instructions des services techniques des constructeurs ». Voici donc nos deux nouveaux modèles du printemps 1956, 403 et Versailles, dotés : de pièces métallisées (calandres et pare-chocs), d’un bloc vitre qui, pour la Simca, englobe la totalité du toit (comme plus tard sur la DS), de phares diamant, et d’une antenne T.S.F. (jamais vu sur la Versailles ( ?) et très souvent absente sur la 403). La 403 possède des baguettes en bas de caisse (comme la vraie) rehaussées d’un filet chromé. La Versailles, elle, a droit à un monogramme doré sur ses ailes arrière (comme le modèle au 1/32ème) et de feux arrière peints. Enfin, les deux possèdent un châssis métallique (un peu bricolé au niveau des fixations avant/arrière sur la Simca), portant les même indications que celui en plastique des versions courantes à l’exception du rajout : « Série modèle réduit » qui normalement était dédiée aux modèles au 1/32ème ?!

La nouvelle 403, en série collection, et sa boîte garage.

Le dessous des 403/1956 avec, de gauche à droite : les séries collections (châssis métallique ou châssis plastique sur les versions motorisées) et la série courante (châssis plastique).

La fameuse boîte garage mérite bien un petit arrêt sur image… Visiblement, à la vue de sa communication (voir encadré),  Minialuxe attend de grandes retombées de cette nouveauté « prévue pour une diffusion extrêmement large et rapide » ! C’est ce garage qui accompagnera un temps la fameuse série « collection ». Il sera disponible en six couleurs différentes, par contre, nous ne l’avons jamais rencontré avec un fronton mentionnant une quelconque marque de constructeur (et vous ?). Minialuxe indique aussi, à partir du mois de mai (56), la sortie d’un modèle identique mais cette-fois destiné aux modèles au 1/32ème… là encore rien de connu de notre côté ?

 

                           Le petit feuillet qui accompagnait les boîtes détaillants de 12 garages.                             

Un argumentaire de choc pour les représentants ! (Tarif 56). 

Deux autres nouveautés méritent aussi quelques commentaires... Il s'agit d'abord d'une autre Versailles qui, cette fois, est bien réduite au 1/32ème. L’avant est un peu écrasé mais la miniature, première d’une longue série, ne manque pas d’allure. Elle possède un coffre ouvrant, un « moteur inertie encastré », et est accompagnée d’une très belle boîte. Deux coloris sont disponibles : bleu toit gris ou beige toit bleu. L'autre modèle est un superbe autobus de marque Somua. La présentation qu'en fait Minialuxe sur son tarif 56 est étonnante tant elle est détaillée ! (voir encadré). Par contre, contrairement à ce qui est indiqué, l'échelle de reproduction n'est pas le 1/32ème mais le 1/44ème (Longueur 10,20m sur le vrai contre 23cm chez Minialuxe), ce qui en fait un très beau jouet. En comparaison le Somua (réf/29D) de Dinky-toys ne mesurait que 14cm (échelle 1/73ème). La boîte qui l'accompagne est vraiment superbe. Seule ombre au tableau, le plastique en vieillissant se déforme, le toit se gondole et les portes ne ferment plus... ce qui nuit malheureusement fortement à l'ensemble. 

Une nouveauté détaillée comme rarement dans un tarif professionnel ?!

Autre nouveauté 56 : l'ensemble urbain avec un agent de police en «  uniforme 1955 » !



La fin d’année apportera à son tour son lot de nouveautés avec en corolaire un énième changement de roues ! Là où des marques comme Norev, à la même époque, font de leurs roues une sorte de signature, la marque Minialuxe, elle, multiplie sans arrêt les variantes… Il en va de même des références de ses modèles qui changent malheureusement constamment d’un document à l’autre ! On peut d’ailleurs se demander comment le service commercial faisait pour s’y retrouver ? Mais qu’à cela ne tienne ! Les Etablissements Grand-Clément nous préviennent : « Bien entendu, aussi bien pour les « Minialuxe », que pour la série « Modèles réduits », nous sortirons au début de l’année prochaine, plusieurs nouveautés, toujours influencées par l’actualité », et en dernière ligne d’un petit feuillet glissé, entre autre, dans les boîtes de Versailles au 1/32ème on peut lire aussi : « « Minialuxe » est votre ami, il vous prépare d’heureuses surprises pour 1957 ! Pensez à lui ».

 (1) À lire absolument le numéro de l'Argus, d'octobre 2008, consacré à la marque Minialuxe.

(2)  Sylvain Floirat — Wikipédia (wikipedia.org) - Autorail Floirat — Wikipédia (wikipedia.org)

À suivre les modèles fin 1956/1957…